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2 - Les animaux savants


ZOU

Les animaux savent-ils compter ?

Cette question a été prise très au sérieux jusqu'au début du XXe siècle. Un certain nombre d'animaux dressés (chien, cheval, cochon, ours...) étaient présentés par leur maître comme possédant de réelles aptitudes au calcul. Ces représentations connaissaient un vif succès auprès du public dans les foires, les cirques ou dans la rue.


Le chien aboie, ou lève la patte, autant de fois que le nombre d'unités dans le résultat d'une addition qui lui est posée, soit oralement, soit en l'écrivant devant lui (ce qui implique que l'animal est de plus capable de reconnaître des nombres écrits...). Le cheval frappe du pied, etc.

Les cas du chien savant ZOU et du cheval dit HANS LE MALIN sont intéressants car tous deux ont fait l'objet d'étude et d'examen par des comités d'experts (zoologistes, psychologues, neuro-psychiatres, physiologues, vétérinaires...).

Les différentes expériences scientifiques auxquelles ils furent soumis aboutirent toutes aux conclusions suivantes :

  • L'absence de supercherie de la part du maître qui a procédé au dressage et qui a lui-même été l'objet d'examen au cours des différentes expériences.
  • Les animaux disposent d'une aptitude extraordinaire à percevoir chez leur maître, ou les personnes qui les observent, des indices tout à fait infimes, qu'ils savent interpréter correctement. Par exemple, dans le cas d'animaux domestiques, lorsque la relation avec le maître est très étroite et dès que la charge affective est en jeu, ils peuvent se montrer incroyablement perceptifs.
  • Ces signes que perçoit l'animal, non intentionnels chez le maître et incontrôlés (frémissement des paupières, léger hochement de tête, changement de l'intensité du regard, ...), peuvent échapper aux observations, même les plus rigoureuses.

Les animaux, comme on pouvait le penser, ne savent pas compter. Ils ne possèdent même pas la notion de nombre, qui reste une notion abstraite, spécifique de l'intelligence humaine. Le cas de ces animaux communiquant par des coups frappés avait donné lieu à une très abondante littérature et provoqué une polémique mondiale qui a duré jusqu'au premier quart du XXe siècle.


Hans le Malin
Hans était en 1904 un étalon de 8 ans appartenant à Wilhelm von Osten, professeur de mathématiques berlinois en retraite. Hans le malin - c'est sous ce nom qu'il devint célèbre - communiquait ses réponses en frappant le sol de son sabot. Les réponses non numériques étaient données en allemand (un coup pour la lettre a, 2 pour la lettre b, etc.).

Le 12 Septembre 1904, un groupe composé de treize experts et savants dont certains de l'Académie des Sciences de Prusse, d'autres, professeurs d'université de Berlin, publièrent un rapport qui rejetait la possibilité d'une supercherie ou de signaux intentionnels et accordait une importance scientifique aux prestations de Hans.

Le 12 Septembre 1904, un groupe composé de treize experts et savants dont certains de l'Académie des Sciences de Prusse, d'autres, professeurs d'université de Berlin, publièrent un rapport qui rejetait la possibilité d'une supercherie ou de signaux intentionnels et accordait une importance scientifique aux prestations de Hans.

Oscar Pfungst qui n'acceptait pas les conclusions de ce rapport, réalisa d'autres expériences et découvrit que Hans se trompait dans les réponses chaque fois que la solution du problème qu'on lui soumettait était inconnue de l'ensemble des personnes présentes. Hans échouait également chaque fois que des oillères l'empêchaient de voir les personnes présentes.

Hans ne savait donc ni compter, ni lire, il avait besoin d'un secours visuel au travers de signaux, qu'il savait percevoir et interpréter chez les personnes présentes, mais pas nécessairement donnés intentionnellement.


Le savant, Camille Flammarion, au cours d'un examen du chien savant Zou.

Plusieurs études furent consacrées à Hans le Malin. Leurs conclusions, étendues par la suite à d'autres cas du même type, apportaient une réponse définitive à la question soulevée depuis plusieurs siècles par les animaux dits "savants".


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